mercredi 1 juin 2005

Il manque à la Bourse un réseau commercial

Il manque à la Bourse un réseau commercial
Devant les différentes techniques de financement proposées par le monde financier, la réticence des Agents de Change à développer le rôle de la Bourse en tant que moyen de financement direct pour les entreprises, s'explique :
1. Par le fait que les Agents de Change, " Officiers Ministériels ", bénéficient du monopole de cotation des valeurs mobilières ; ils craignent de perdre ce monopole et ne cherchant pas à le développer, mais simplement à le maintenir.
Ce n'est que depuis quelques mois, et grâce à l'esprit de la Loi Monory, que les Agents de Change ont commencé à faire de la publicité, pour s'adresser aux épargnants ; mais en ce qui concerne le financement des entreprises par la Bourse, c'est toujours le " statu quo "… (Il y a bien eu, depuis des années, des déclarations d'intention de régénérer le tissu boursier, mais jamais la possibilité de l'utilisation du marché financier, comme instrument de financement, pour des milliers d'entreprises, n'a été envisagée. Rien n'a été fait pour encourager les initiatives allant dans ce sens, bien au contraire).
Nous avons pu entendre, récemment, dire par la profession : " … la Bourse n'est pas une pompe à financer les entreprises …"
C'est ainsi que la majorité des chefs d'entreprises ignorent toujours tout de la Bourse.
Le seul interlocuteur financier des Sociétés, c'est toujours le Banquier et celui-ci ne les oriente jamais vers ce concurrent qu'est la Bourse ; en effet une des caractéristiques du développement des fonds propres des entreprises, c'est d'amener celles-ci à diminuer leur endettement, donc le financement par le crédit, et ainsi, tendre à réduire l'activité essentielle des Banques.
On voit mal comment celles-ci, même nationalisées, pourraient l'accepter.
2. En fait, le principal frein au développement des initiatives commerciales des Agents de Change vis-à-vis des entreprises est que ceux-ci craignent de concurrencer les Banques ; celles-ci ont en fait le monopole du financement des entreprises ; lorsqu'un agent de change démarche une entreprise cliente d'une Banque, il y a mécontentement de cette dernière, et des " sanctions " peuvent être prises contre l'Agent de Change trop commerçant, s'il n'entre pas dans le rang.
Nous avons vu des Officiers Ministériels, appelés auprès des chefs de Bourse de Banque, pour s'entendre signifier d'arrêter leur contact avec les sociétés " X " ou " Y " … sous peine de se voir " retirer les ordres ".
C'est à dire que la banque, qui est généralement un bon et gros client pour l'Agent de Change, ne travaillerait plus avec ce dernier, s'il poursuivait ses démarches commerciales et une perte énorme pour celui-ci, s'il insiste.
Il faut savoir que les Agents de Change n'ont pas de réseaux commerciaux à travers la France, et que la Collecte des ordres de Bourse (principale ressource des Agents de Change), se fait par l'intermédiaire des guichets de Banques. C'est ainsi que près de 80% des affaires des charges arrivent par le canal des Banques !
Si celles-ci venaient à supprimer leurs relations avec un Agent de Change, 80% des recettes viendraient à disparaître et avec elles, s'ensuivrait la fermeture de cette charge.
Nous comprenons mieux ainsi comment on peut calmer les ardeurs de la Bourse, vis à vis des entreprises.
3. Ce n'est qu'en période de crise pour la profession boursière que les Agents de Change se préoccupent de leur survie, et proposent des réformes éventuelles. C'est ainsi que la fusion coulisse-parquet et la réduction du nombre des Charges a eu lieu des vingt dernières années après des périodes de marasme.
Il est temps d'utiliser la Bourse, au service du pays, car le pari que la France fait actuellement, pour relancer l'économie et l'emploi est bien mal engagé du fait de la structure dangereusement inadaptée du système financier.
La caractéristique de la quasi-totalité des PME-PMI, qui représentent 40% de l'économie du pays, et qui sont les principaux créateurs d'emploi, est que ce sont des sociétés à caractère familial. Elles n'ont pas ouvert leur capital au public, et les titres de ces sociétés sont détenus seulement par quelques personnes. C'est un actionnariat sans actionnaire, ou personne ne peut ou ne veut faire face aux augmentations de capital en numéraire, d'où endettement.
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